Keith Haring: « Art is for everybody »

Keith Haring s’invite à BOZAR! Une grande rétrospective consacrée à l’artiste est présentée au public jusqu’au 19 avril 2020.

Haring a marqué son époque. Ses motifs emblématiques sont reconnaissables au premier coup d’œil. Pour cet artiste engagé: « L’art, c’est pour tout le monde! »

Keith Haring est né le 4 mai 1958 en Pennsylvanie. Il montre très tôt un intérêt pour le dessin. Encouragé par ses parents, il entame des cours de dessin publicitaire en 1976. Il interrompt ses études après 2 semestres, n’adhérant pas au côté commercial de cette branche artistique. En 1978, il déménage à New-York et s’inscrit à la School for Visual Arts (SVA). À l’automne 1980, il quitte la SVA pour se consacrer pleinement à son art. Haring veut créer un canal de communication directe avec le public le plus vaste possible.

« L’art n’est pas une activité élitiste réservée à l’appréciation de quelques-uns, il est là pour tous, c’est le but vers lequel je continuerai de travailler. »

Keith Haring réalise ses premières œuvres dans l’espace urbain. Les rues new-yorkaises représentent un espace idéal pour exposer. Une vieille palissade ou une bâche en vinyle représentent un support de choix. Il va commencer à dessiner dans le métro qui devient son laboratoire. Il y réalise des milliers de dessins à la craie. Il exploite les feuilles de papier noir vierges, utilisées pour recouvrir des publicités périmées. Il en réalise jusqu’à 40 par jour, de 1980 à 1985. C’est là qu’il présente son « radiant baby » pour la première fois. Ce bébé à 4 pattes, auréolé de rayons, devient sa signature. Le nouveau né représente pour lui « l’expérience la plus positive, la plus pure de l’existence humaine ». D’autres thèmes universels interviennent dans ses œuvres comme l’amour, la mort, la guerre, le sexe,… Ses motifs iconiques, inspirés de la BD et à la simplicité trompeuse, vont vite être convoités. Sa célébrité accroît et ses dessins sont volés à peine terminés. Il arrête d’exposer son art dans le métro.

Au début des années 80, Haring met en place des expositions au Club 57. Ce lieu était dédié à la performance, la poésie, le cinéma, les arts plastiques, la musique. Il organise également des fêtes d’anniversaire, ses « Party of Life », au célèbre Paradise Garage. Madonna participe à l’édition 84 et interprète notamment Like a Virgin. Elle porte une tenue extravagante dessinée par Haring pour l’occasion. Il va réaliser de nombreuses fresques aux États-Unis et à l’étranger, comme sur le mur de Berlin, côté occidental. En 1986, il ouvre son Pop Shop dans le Lower Manhattan. Il vend des t-shirts, badges, posters,… Son travail et ses idées deviennent accessibles à tous.

« A tout moment de l’histoire, l’artiste est un porte-parole de la société. »

Les problèmes de société ne le laissent pas indifférent. Il s’est engagé dans des causes qui lui tenaient à cœur comme la lutte contre le VIH/sida. Cette maladie l’emportera le 16 février 1990, à l’âge de 31 ans. Il ne cachera jamais son homosexualité et soutiendra le mouvement LGBTQI+. Ses autres combats sont le racisme, le nucléaire, la toxicomanie,…

Le triangle rose est adopté comme symbole de la communauté LGBTQI+ dans les années 70. Il était utilisé pour identifier les homosexuels, bisexuels ou transsexuels emprisonnés dans les camps de concentration en Allemagne nazie.

Keith Haring éprouvait de l’affection pour la Belgique. A plusieurs reprises, il a visité notre pays et y a exposé entre 1983 et 1989. Durant l’été 87, il réalise la grande fresque de la cafétaria du M HKA à Anvers. Le Palais des Beaux-Arts représente le lieu idéal pour cette rétrospective. Elle est le fruit d’une collaboration entre la Tate Liverpool, la Keith Haring Foudation, BOZAR et le musée Folkwang. En parallèle, un vaste programme transversal est proposé au public. Le 28 janvier à 19h, présentation du film « Documentary: Keith Haring, le petit prince de la rue ». Le 12 février dès 20h, talk avec Bill T. Jones, un ami de Haring. Une soirée spéciale est organisée le 15 février avec une intervention de Julia Gruen, directrice de la Fondation Keith Haring (en savoir plus).

BOZAR nous offre une belle opportunité de découvrir le travail de Keith Haring. Cette rétrospective nous plonge dans l’univers de cet artiste engagé. Des vidéos, des affiches, des documents d’archive viennent compléter les nombreux dessins et peintures.

Andy Warhol et Keith Haring, 1986

Infos pratiques

À découvrir jusqu’au 19 avril 2020 à BOZAR, rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Fermé le lundi. Ticket: 18€